vendredi 14 mars 2008

La journée de la femme, à quoi ça sert si ça ne sert à rien ?

Ma question est la suivante: à quoi ça sert d'avoir une journée de quoique ce soit s'il n'y a pas d'actions pour améliorer la situation?
(ex: malgré la journée de la femme elles sont toujours moins bien payé à travail équivalent, et n'accèdent toujours pas aux mêmes postes à responsabilité)

La Boite à questions

Question désespérante, puisqu’elle comporte sa propre réponse : on se doute que parler de changement et ne rien faire pour que ça change, ce n’est pas positif. Depuis que des opérations comme celle-ci existent, on voit bien que les seuls changement opérés dans le destin des femmes relèvent d’autre chose que de ces célébrations pompeuses et ridicules - quand elles ne sont pas devenues simplement invisibles.

Mais, à supposer que ces journées soient conformes à ce qu’en attendent leurs organisateurs, qu’est-ce que nous pourrions espérer ?

La question que Docteur-Philo veut bien entendre, c’est donc la suivante : est-ce que l’opinion peut par elle même faire quelque chose qui ne nécessite pas obligatoirement des décisions des pouvoirs publiques ou des organismes patronaux ?

Contrairement à ce qu’on croit parfois, la condition des femmes change régulièrement dans les pays occidentaux, mais pas forcément en fonction des opérations de relation publique comme celle dont on parle ici. La contraception, l’accès à l’autonomie financière par le travail rémunéré, les études, sont sans doute plus importants pour l’égalité homme-femme que les déclarations politiques. Quant à la parité dans la représentation nationale, elle échappe à notre investigation puisqu’on n’en parle que depuis que la loi s’en est mêlée.

Mais ici, point d’impact de l’opinion.

La journée de la femme, ça ne sert donc à rien ?

Reprenons la question : de quelle journée parlons-nous ? Celle qui vient de se dérouler semblait avoir perdu de vue le destin des femmes, puisqu’en prenant pour blason de sort d’Ingrid Betancourt, on paraissait se désintéresser des femmes en général : qu’y a-t-il à généraliser à partir du sort d’un otage dans la jungle colombienne ?

Si je mets ma toge de philosophe, je dirai qu’au contraire on pouvait voir dans cette action une volonté de montrer l’héroïsme dont cette femme est capable, héroïsme dont la valeur pouvait être exemplaire. Non pas pour dénoncer la dictature des hommes ; mais pour leur montrer qu’étant de la même nature, toutes les femmes peuvent résister aux injustices dont elles sont victimes.

Dans le monde contemporains, les individus naviguent entre l’égoïsme du moi-d’abord et le carcan des lois - genre discrimination-positive.

La Journée de la femme qui met sur son blason Ingrid Betancourt constitue donc un appel au devoir-être, qui passe comme Bergson nous le montre par l’aspiration à la sainteté quotidienne et à l’héroïsme ordinaire.
La journée de la femme : l’appel de l’héroïne.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

bah ca sert à ne pas servir ... non sans rire, si on désir l'egalité, il faudrait aussi une journée de l'homme !