vendredi 11 avril 2008

Qu'on n'ait pas choisi de naître peut-il être considéré comme une excuse ?

Qu'on n'ait pas choisi de naître peut-il être considéré comme une excuse ?

Dites donc, vous n’auriez pas mauvaise conscience vous, par hasard ? Non, bien sûr, et c’est justement ça qu’on vous reproche. Parce que vous estimez sans doute que, comme vous n’avez pas demandé à naître, alors vous n’avez pas à remplir un contrat, et puisque vous n’avez rien promis à personne, vous êtes donc irréprochable.

Autant dire que les autres n’ont pas à vous juger, et que s’ils le font vous êtes fondé à leur répondre : « Je n’ai pas de mission à remplir, sauf si je l’ai choisie moi-même. »

Vu comme ça, c’est supportable. Maintenant, supposez que celui dont on parle soit un pédophile-assassin-dégénéré (1). Supposez qu’on puisse, comme Notre Président nous y invite admettre qu’il soit « né comme ça ». Qu’est-ce qu’il y aurait à lui reprocher ? Rien, même si on doit l’abattre comme un chien enragé.

--> En fait, ce qui fait problème, c’est quand on utilise la réciproque : pourquoi suis-je né ? Je n’ai pas demandé à naître, c’est donc vous – mes géniteurs – qui êtes responsables pour tout ce qui m’arrive et tout ce que je fais. Ceux qui sont sans excuse, c’est vous. La mauvaise conscience, c’est pour vous (2).

Si je ne suis pas responsable de ma naissance, je peux estimer que cette responsabilité existe néanmoins et qu’elle incombe à d’autres à qui je pourrais éventuellement reprocher mon existence.

Encore une petite supposition de plus : que ce ne soient pas mes parents qui soient responsables de ma naissance, mais les médecins qui n’ont pas su faire ce qu’il fallait pour empêcher ma procréation. Vous voyez où je veux en venir ? Vous vous rappelez sans doute du célèbre arrêt Perruche ? Non ?

Petit rappel : l’arrêt Perruche (voir résumé). Là, les parents se sont méfiés : la mère aurait préféré avorter que de mettre au monde un enfant victime de malformations graves. Les médecins n’ont pas su diagnostiquer la rubéole dont elle souffrait durant sa grossesse ; l’enfant est né infirme. Le juge Perruche condamne les médecins et laboratoires d’analyses à dédommager l’enfant. Le dédommager de quoi ? – D’être né.

--> Certes nous avons là une toute autre perspective qu’à notre départ. Mais au fond il y a toujours la même idée : je peux préférer le néant à l’existence.

Comme si je savais ce que c’est que le néant !


(1) Non, on ne le supposera pas en plus chômeur : faut savoir s’arrêter tout de même !

(2) On sait quel cas de conscience affrontent les parents dont l’enfant porte une tare héréditaire.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Moi ca m'enerve lorque j'entends mes parents me beugler:
" vous les enfants, vous etes tous des ingrats !!!"
Serieux, defois jme demande s'ils réflechissent avant de parler à tout va, faudrait qu'ils arretent de répéter des phrases toutes faites sans se questionner avant.
Pourquoi on devrait leur etre reconnaissant, c'est nous qui les supportons, pas eux puisqu'ils en ont pris la responsabilité de nous avoir à leurs charges!